« Quand un bruit vous ennuie, écoutez le. »      John Cage

Carnyx Ouverture

2012     3’57

« Les lieux voisins résonnant de concert, semblaient eux-mêmes pousser des cris. » Polybe (206-126 av. J.C.)

Crepitaculum 1

2000    4’25

C’est la première partie d’un triptyque sur la mise en mouvement d’une crécelle. Ce moulinet de bois se manipule par une rotation rapide. A l’inverse, j’ai choisi ici de la faire tourner le plus lentement possible, en auscultant au ralenti son premier cliquet et son devenir.

El h’wa

2004    11’17

Musique d’application pour la danse. Chorégraphie de Jean-Marc Boitière.

Dans la langue amazighe berbère, « el h’wa » signifie le vent, le souffle, mais aussi l’amour, la passion. A l’image du gassab (flûtiste) chaouïa, le vent des Aurès nous invite à vivre le moment et nous impose des métamorphoses.

A partir des matières sonores proposées au départ, la musique a été élaborée en concertation étroite avec Jean-Marc Boitière, qui a pensé cette musique comme un lieu, un espace infini.

Les toiles de Mark Rothko projetées sur écran en fond de scène reflètent l’essence de cette idée d’infini.

La chorégraphie pour 3 danseuses, un aller-retour, comme une vague apportée par le vent, qui arrive, se transforme et repart dans une liberté de mouvement plus organique, est une illustration de la sensation musicale. Elle n’est donc pas en synchronisme direct avec la musique. Elle s’est élaborée par la sensation, en réagissant à l’écoute et en laissant se développer naturellement la construction, la musique ayant été déterminante pour la traduction corporelle.

Les danseuses rentrent dans cet espace musical, réagissant à l’intérieur jusqu’à ce qu’elles soient bloquées dans les carrés, la compression de l’espace soulignant l’intensité sonore de ce moment-là. Construction géométrique dans les déplacements (canons de mouvement, succession de non-évènements se répétant dans un temps différent), alors que le corps est dans l’organique par rapport à ce qu’elles ressentent avec la musique.

La boucle de « flûte » qui circule et revient, a fermé l’espace.

Le choix d’un petit espace (auditorium) pour la création du spectacle, et la demande de Florence Baschet d’une captation vidéo afin de permettre des diffusions en continu (DVD) dans le cadre du Festival MIA (Kaleïdophone III) ont imposé des contraintes techniques qui ont formalisé le regard et accentué une idée d’enfermement, au détriment de l’espace que donnaient musicalement certaines matières sonores.

Aquarium

2005    7’20

Inspiré de l’oeuvre “Aquarium” réalisée en 1983 par l’artiste David Mach à partir de 924 bouteilles transparentes dont 247 sont remplies d’encres rouge et noire figurant 3 requins.

Y viré!

2007     33’03

Heptaptyque pour dispositif octophonique multi-canal

Commande de MIA. Collection Musiques Tracées

Je me suis d’abord intéressé à l’eau apprivoisée/dirigée par l’homme, et en particulier à ce qu’elle lui a permis de développer sur le massif des Bauges. Conséquemment mes investigations m’ont mené sur des sites d’activités anciennes, au sein du Parc Naturel Régional.

Au fil de l’eau, mon écoute s’est fixée sur certains de ses résultats sonores tels la scierie à grand cadre de Bellecombe, la taillanderie de Marthod, le moulin du Pont d’Arith, ou encore le tournage sur bois de “l’argenterie” à La Magne et à Thoiry, la poterie de Montagny, la fromagerie d’Aillon-le-Jeune.

Mon inspiration s’est alors nourrie de tout le potentiel sonore de cet artisanat. L’auscultation particulière d’un compositeur en propose aujourd’hui une écoute artistique nouvelle. Pour l’écriture, j’ai choisi un dispositif octophonique. Y viré !, (çà tourne !) à l’instar de la roue, moteur principal de transformations diverses. De la grande roue à aube jusqu’aux tours plus petits, je me suis immiscé dans leur mouvement tumultueux.

Argenterie

6’02 – extrait stéréo de “Y viré!”

Taillanderie

5’31 – extrait stéréo de “Y viré!” in Complément à l’inventaire GMVL CD037

Bellecombe

6’44 – extrait stéréo de “Y viré!”

Dans la boîte de Pandore

2003    12’34

Musique mixte pour piano et dispositif électroacoustique

Celle-ci puise son inspiration dans le chant des Pygmées Bibayak, la « percussion mélodique » de Bartok, le piano préparé de Cage, les minimalistes américains, Ligeti et Stockhausen entre autre.

J’ai crée un environnement acousmatique à partir des différents sons du piano pour fabriquer de l’impossible : tout ce que le musicien ne peut pas faire en direct, pour jouer une musique de contrastes : percussion/résonance, proche/lointain, intimité/démesure, infiniment petit/infiniment grand, une musique chatoyante et jubilatoire. Le piano devient pour le musicien un espace ludique entre temps fixé et temps réel, à la fois « boîte à musique » et « vaisseau fantôme ».

Cette pièce mixte se voudrait une allégorie de l’Homme dans le Cosmos, qui se débat en vain avec son désir d’éternité et son rêve improbable de faire durer le son à l’infini afin d’échapper peut-être au Temps et à sa condition terrestre. Dans la boîte de Pandore, seule resta l’Espérance.

Sueños

2007    7’20

Comme un rêve, dans la chaleur de la nuit ibérique, cette pièce nous enivre de ses effluves sonores, nous invitant au parcours onirique d’une musique chatoyante de citations empruntées à la musique flamenca et à la cobla catalane. J’ai choisi subjectivement d’exalter des éléments ressentis comme idiomatiques de cette tradition musicale où la passion est un vecteur essentiel de la relation homme/femme, à l’image du personnage de Carmen.

Exultate laryngis

2005    7’07

L’envie de réaliser une « radiophonie » du larynx, ce formidable synthétiseur. Soudain pris de contractions, alors il éructe, il exulte, faisant naître des phénomènes étonnants !

La respiration de Neptune

2016    10’55

Ballade subaquatique

En écoutant un trou souffleur sur le littoral du cap d’Antibes, l’eau est aussitôt devenue ma principale source d’inspiration. J’ai donc imaginé une exploration sous-marine sensible, une halieutique sonore. Comme « Le monde du silence » révélé par Cousteau avait déjà suscité en moi beaucoup d’inquiétude et d’interrogation mystérieuse, j’ai alors tenté ici modestement d’y répondre, en suggérant ce que nous pourrions peut-être y entendre.

La tyrannie des drisses

2020    9′

Étude maritime

Les jours de noroît, Gwalarn exprimant son humeur fantasque, vient colporter ses litanies au fil des ports, faisant enfler le tumulte des drisses. 
Sur un voilier la fonction principale des drisses est de hisser les voiles et de bien les étarquer.

Mais une fois la voilure affalée puis ferlée, les drisses alors détendues malgré elles, au gré du vent se mettent à osciller le long des mâts, de rebonds en rebonds échoïques, en claquant d’impatience avec obstination.
 Le vent ne mollissant pas, et à défaut de pouvoir interrompre leurs claquements aléatoires, j’ai tenté plutôt d’en prendre la maîtrise en orchestrant leurs mouvements, mais peut-être en vain !

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